La pédagogie et les méthodes  d’enseignement

Toute activité pédagogique se développe suivant une méthode implicite ou explicite. Le chemin  que l’on utilise pour éduquer, est toujours un chemin déterminé, d’une certaine nature.  Les opérations que l’on accomplit pour réaliser l’action pédagogique sont toujours organisées d’une certaine manière. Nous ne devons pas oublier que la pédagogie est une « théorie pratique ».

Le problème des méthodes en pédagogie n’est pas qu’un problème de psychologie et de pédagogie. Il est aussi un problème psychosociologique et sociologique. Dans notre méthode d’enseignement nous nous sommes centré sur le problème pédagogique scolaire, le processus d’éducation se poursuit d’une façon plus ou moins sensible durant toute la vie d’un homme. Dans ces conditions on doit pouvoir définir les caractères d’une « pédagogie de l’adulte ». Dans l’enseignement élémentaire surtout, il est nécessaire d’unir la méthode expositive et la méthode interrogative : « Cette combinaison détruit la monotonie, produit une variété favorable au travail sérieux, tient l’attention en éveil, provoque la réflexion, économise le temps, donne à toutes les leçons les meilleures garanties de plein succès.

Les modes d’enseignement utilités :

Parmi les modes d’enseignement a distinguer le mode individuel, le mode mutuel et le mode simultané.

– Dans le mode individuel  le maitre s’occupe de chaque élève à tour de rôle. Ce mode est utilisable dans l’éducation privée mais il n’est pas applicable à une classe. « La tâche serait écrasante pour le maitre et les résultats insignifiants car il lui serait impossible d’occuper utilement les autres élèves pendant de longues heures. De là une oisiveté mauvaise conseillère, ennui, dissipation, désordre. Ce mode rendrait impossible toute surveillance et il faudrait punir avec une rigueur qui aliénerait le cœur des enfants; il rendrait impossible la moindre tentative d’émulation. » On l’emploie exceptionnellement pour le contrôle des leçons d’écriture et de dessin et la correction de certains travaux écrits.

– Dans le mode mutuel, les élèves s’instruisent les uns les autres. Ce mode présente quelques avantages. Mais les inconvénients sont nombreux : local très grand, organisation coûteuse, les enfants ont peu de goût pour l’enseignement, pour maintenir l’ordre général il faut user d’une très grande sévérité. « On utilisera quelquefois un moniteur (enfant), non pour enseigner mais pour faire répéter mécaniquement des choses faciles; on placera un élève en retard à côté d’un élève avancé capable de lui donner parfois une explication. »

– Dans le mode mixte on donne des leçons à toute la classe ou bien à tour de rôle à chaque division pendant que les autres élèves sont occupés à un travail de répétition ou d’application. Chaque élève profite des explications du maitre et des réponses des autres élèves. Les avantages sont nombreux. Il permet de classer plus facilement les élèves par ordre de mérite ; le maitre agit directement et il est sans cesse en contact avec la classe ; chaque élève peut être mis en compétition continuelle avec ses condisciples, ce qui est un puissant stimulant; ce mode permet d’instruire à la fois un grand nombre d’écoliers en épargnant au maitre des répétitions fastidieuses; il favorise le bon emploi du temps et tient les élèves constamment occupés; enfin, il est une condition de discipline et de progrès. En fait, la qualité du pédagogue a son importance comme le choix de la méthode qui est utilisée. Cependant, un autre facteur intervient, qui est l’interaction entre le pédagogue et la méthode. Sans aller jusqu’à dire que tout pédagogue doit trouver. sa propre méthode, entièrement personnelle et originale,

on peut penser que les principes généraux d’une méthode étant acquis, il appartient à chaque pédagogue de découvrir les modalités de la méthode qui conviennent le mieux a son tempérament, et a sa personnalité. Il en résulte donc pratiquement que tout éducateur doit avoir été à même (dans le cadre de directives générales) d’expérimenter des méthodes plus ou moins différentes pour découvrir la formule qui lui permet de réaliser au mieux sa vocation pédagogique.   .           .

Enfin, pratiquer, en participant aux travaux individuels standardisés, aux travaux personnels libres, aux activités sociales libres d’enfants dans les écoles expérimentales et écoles modèles. » (Ferrière, L’école sur mesure à la mesure du maître.) S’il faut entreprendre un effort de transformation pratique des méthodes, une bonne méthode n’est certainement pas d’entreprendre cet effort dans des conditions difficiles et avec un personnel insuffisamment préparé. Il nous semble que la première transformation à réaliser doit porter sur la formation des instituteurs et des professeurs. C’est par ce moyen que le mouvement contemporain d’éducation doit pouvoir réaliser toutes ses virtualités.

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